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INFOSAF n°3 Mars 2011

vendredi 15 avril 2011

Contexte : ce produit documentaire a été élaboré afin d’alimenter les réflexions du groupe de travail départemental "Alcool et grossesse".

Son objectif est de fournir une information actualisée sur le syndrome d’alcoolisation foetale.



OUVRAGE // « Alcool et médecine générale »

Parmi les drogues, l’alcool est celle qui a les répercussions somatiques, psychiques, sociales les plus diverses et les plus complexes. Celles-ci varient selon chaque individu, l’âge, le sexe, la quantité et la façon, chronique ou aiguë, dont l’alcool est consommé. La consommation d’alcool est parfois bénéfique, souvent morbide, parfois mortelle. Pourquoi les médecins ont-ils autant de difficultés à parler de la consommation d’alcool avec leurs patients ? Pourquoi les médecins ne précisent-ils pas la consommation d’alcool de leurs patients ? Que faire avec un patient qui déclare consommer trop d’alcool, que ce patient soit à risque, à usage nocif ou alcoolodépendant ? Comment reconnaître les patients plus ou moins en danger ? Quelles propositions faire à ces différents patients ? Comment les aider à se décider à se soigner ? Autant de questions qui concernent la médecine générale au premier chef. L’absence de réponse à ces questions retarde la prise en charge parfois difficile mais utile à de nombreux patients. Deux médecins universitaires, l’un médecin généraliste, l’autre alcoologue hospitalier, ont réuni dans ce livre leur complémentarité de clinicien et d’enseignant pour répondre à toutes ces questions qui embarrassent les médecins.

RUEFF Bernard, HUAS Dominique. Alcool et médecine générale. Wolters Kluwer Health France, 02/2011. 194 p.

ETUDE // « Un modèle animal d’alcoolo-dépendance unique en France, utile au traitement de l’alcoolisme »

L’objectif de cette étude financée dans le cadre de l’appel d’offres conjoint MILDT / INSERM / INCA 2008, était de mettre en place un modèle d’alcoolo-dépendance chez le rat pour rechercher les mécanismes impliqués dans le développement de la pathologie et dans les phénomènes de rechute. Ce modèle unique en France a permis de montrer que certains inhibiteurs des transporteurs de la sérotonine et de la noradrénaline(neurotransmetteurs) favorisaient la diminution de la consommation des rats alcoolo-dépendants ainsi que les risques de rechute induits par la ré-exposition à l’alcool. Les résultats de ces travaux ont fait l’objet d’une publication dans la revue scientifique Neuropsychopharmacology du 23 mars 2011. L’élaboration de ce modèle a également permis de démontrer l’efficacité de trois différents traitements de l’alcoolo-dépendance et a donné lieu à un contrat de recherche en partenariat avec l’industrie pharmaceutique pour étudier l’efficacité d’un anxiolytique dans le traitement de l’alcoolo-dépendance.

Un modèle animal d’alcoolo-dépendance unique en France, utile au traitement de l’alcoolisme. Lettre de la Mildt, n°46, 04/2011.

ETUDE // « Étude de prévalence des conduites addictives chez les femmes enceintes dans une maternité universitaire »

Méthodes Une enquête épidémiologique de prévalence sur les conduites addictives a été menée à la maternité du CHU de Nantes en 2008 auprès de 300 femmes en post-partum immédiat. La prévalence des consommations de substances psychoactives était évaluée par les consommations déclarées de substances licites et illicites et à partir des questionnaires de Fagerström, AUDIT et CAST. Le diagnostic de troubles du comportement alimentaire (TCA) était posé à partir des critères du DSM IV de l’anorexie mentale et de la boulimie nerveuse.

Résultats En début de grossesse, 34 % des femmes consommaient du tabac, 63 % de l’alcool et 8 % du cannabis. Parmi les femmes interrogées, 0,7 % présentaient les critères diagnostiques d’anorexie mentale, 2,3 % de boulimie nerveuse et 9 % de TCA non spécifié autrement. Au-delà du premier trimestre, 22 % des femmes ont déclaré avoir consommé du tabac, 20 % de l’alcool et 3 % du cannabis. Les polyconsommations pendant la grossesse concernaient 6,3 % des femmes, et 38 % ont consommé au moins une substance psychoactive au-delà du premier trimestre.

Conclusion L’importance de la prévalence des conduites addictives pendant la grossesse doit inciter les professionnels de la périnatalité à mettre en place des stratégies de repérage systématique de ces problématiques : tabac, alcool, cannabis et TCA en particulier.

CHASSEVENT-PAJOT A., GUILLOU-LANDREAT M., GRALL-BRONNEC M., et al. Étude de prévalence des conduites addictives chez les femmes enceintes dans une maternité universitaire. Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, 2011.